Deux hommes. Les mêmes faits. Deux Amériques différentes.
À Buffalo, Ricardo Aparecido Barbosa da Cunha est rentré chez lui. Il est brésilien. Il est entré aux États-Unis sans inspection il y a plus de vingt ans. Il est propriétaire de sa maison au Massachusetts. Il a élevé deux enfants citoyens américains. Il dirige une petite entreprise de construction. Il n’a jamais été arrêté. ICE l’a placé en détention en septembre 2025. En avril 2026, la Deuxième Cour d’appel a jugé que la loi sur l’immigration n’exige pas qu’il soit détenu sans caution. Il a eu une audience. Il est rentré chez lui.
À Houston, Victor Buenrostro-Mendez a été renvoyé en détention. Il est mexicain. Il est entré sans inspection en 2009. Aucun antécédent pénal. La même année. Le même type de faits. En février 2026, la Cinquième Cour d’appel a jugé que la même loi exige bien la détention obligatoire sans caution, et a annulé le juge de district qui avait ordonné son audience de caution.
La même loi. Les mêmes vies. Une Amérique différente.
Si votre mari, votre femme, votre fils, votre fille, votre père, votre mère ou votre ami est sous garde de l’immigration en ce moment, cette contradiction est votre problème. Et il y a une partie que presque personne ne dit assez fort : ICE contrôle l’autobus. Avec un seul ordre de transfert, sans juge, sans préavis à la famille, ICE peut déplacer une personne d’un centre de détention de la Deuxième Cour d’appel vers un centre de la Cinquième en une nuit. Son univers juridique, y compris la possibilité de demander une caution à un juge, peut changer pendant qu’elle dort.
Ce billet fait deux choses. La première moitié explique ce que les tribunaux ont dit, cas par cas, et où tout cela se dirige. La seconde moitié présente le Plan Habeas de Bardavid Law. C’est la préparation pratique, étape par étape, que nous mettons en place pour les clients déjà détenus et pour les clients à risque de l’être. C’est, en termes simples, une assurance contre la détention. Comme l’assurance vie, le moment de la prendre, c’est avant d’en avoir besoin.
Première partie : ce qui se passe devant les tribunaux
Les deux lois, en termes simples
La loi fédérale sur l’immigration contient trois dispositions sur la détention qui comptent ici. Deux d’entre elles se ressemblent, et celle qui s’applique décide si une personne peut seulement demander une caution à un juge de l’immigration. La troisième est 8 U.S.C. section 1226(c). Elle se place au-dessus de cette réponse et peut à elle seule écarter toute caution. La section 1226(c) impose la détention sans caution pour les personnes qui relèvent de certains motifs pénaux et de sécurité, y compris les crimes de turpitude morale, les motifs liés au terrorisme, et les catégories de cambriolage, vol, larcin, vol à l’étalage et agression contre un agent des forces de l’ordre que le Congrès a ajoutées dans la Laken Riley Act en 2025. Ces catégories de la Laken Riley visent les personnes inculpées ou arrêtées pour l’infraction, et pas seulement celles qui en ont été reconnues coupables. Si la section 1226(c) s’applique, rien dans la suite de ce texte ne produit une audience de caution. Interrogez un avocat sur le dossier réel avant de lire la suite comme une bonne nouvelle pour votre famille.
La première est 8 U.S.C. section 1226(a). C’est la règle par défaut pour quelqu’un qui vit déjà à l’intérieur des États-Unis. Elle permet à ICE de détenir cette personne pendant la procédure d’expulsion, et permet sa libération sous une caution d’au moins 1 500 dollars ou sous liberté conditionnelle. Le critère du danger et du risque de fuite, ainsi que l’audience de caution devant un juge de l’immigration, ne figurent pas dans cette sous-section. Ils viennent des règlements d’immigration, 8 C.F.R. sections 1236.1(c)(8) et 1003.19. En vertu de ces règles, un juge de l’immigration peut réexaminer la détention et fixer une caution lorsque la personne démontre qu’elle n’est ni un danger ni un risque de fuite. Le juge décide. Les gens rentrent dans leur famille et reviennent à leurs audiences.
La deuxième est 8 U.S.C. section 1225(b)(2)(A). C’est la règle pour les personnes qui arrivent à la frontière ou à un point d’entrée. Elle dit que ces personnes seront détenues pendant que leur dossier est tranché. Pas d’audience de caution. Pas de libération. La loi utilise les expressions « demandeur d’admission » (applicant for admission) et « étranger sollicitant l’admission » (alien seeking admission).
Pendant près de trente ans, sous cinq administrations présidentielles, le gouvernement a appliqué ces deux lois telles qu’elles sont écrites. La section 1225 était pour la frontière. La section 1226 était pour l’intérieur du pays. Les personnes vivant ici depuis des années, même celles entrées sans inspection, recevaient des audiences de caution sous la section 1226. Ce fut la pratique de 1996, lorsque le Congrès a adopté la loi, jusqu’en juillet 2025.
Juillet 2025 : la règle change du jour au lendemain
En juillet 2025, le Département de la Sécurité intérieure et le Département de la Justice ont publié un mémo de directives provisoires. Le mémo annonçait une nouvelle position juridique. Il déclarait que la section 1225(b)(2)(A) s’applique non seulement aux personnes à la frontière, mais à tout non-citoyen présent aux États-Unis qui n’a pas été formellement admis. Cela représente, selon le décompte de la dissidence elle-même, environ deux millions de personnes, y compris des conjoints, parents et grands-parents de citoyens américains. Beaucoup vivent ici depuis des décennies.
En septembre 2025, le Conseil des appels en matière d’immigration (BIA) a ratifié la nouvelle politique dans Matter of Yajure Hurtado, 29 I. & N. Dec. 216 (BIA 2025). Le BIA a jugé que toute personne entrée aux États-Unis sans inspection est soumise à la détention obligatoire en vertu de la section 1225(b)(2)(A), peu importe depuis combien de temps elle est là. Les audiences de caution se sont arrêtées.
Au même moment, ICE a lancé une stratégie parallèle dans les tribunaux d’immigration eux-mêmes. Les avocats d’ICE ont commencé à demander le rejet des dossiers en cours pendant les audiences déjà programmées, souvent sans préavis, afin que les agents d’ICE attendant dans le couloir puissent arrêter le défendeur sur place, le placer en expulsion accélérée et le sortir du palais. Nous avons écrit sur cette pratique dans un autre billet sur les détentions en salle d’audience. La règle de la détention obligatoire et la pratique de « rejeter et détenir » sont les deux moitiés de la même machine. La première décide ce qui se passe après l’arrestation. La seconde décide où l’arrestation a lieu.
La vague de demandes d’habeas
Quand la règle a changé, les gens ont commencé à déposer des requêtes fédérales d’habeas corpus. Selon le décompte de la majorité de la Cinquième Cour d’appel en février 2026, bien plus de mille personnes avaient déjà déposé des requêtes d’habeas dans tout le pays, et dans la plupart de ces affaires le tribunal de district a tranché en faveur du requérant. En septembre 2026, la Quatrième Cour d’appel a chiffré à plus de vingt mille les affaires individuelles tranchées en faveur des requérants. À la mi-février 2026, selon le décompte de la Deuxième Cour d’appel dans Cunha v. Freden, plus de trois cent soixante-dix juges fédéraux de district à travers le pays s’étaient prononcés en faveur de la personne détenue. Cela représentait plus de quatre-vingt-dix pour cent des juges de district ayant abordé la question. Même des juges nommés par le président Trump se sont prononcés contre la nouvelle politique. C’est l’un des bilans les plus déséquilibrés de l’époque moderne devant les tribunaux inférieurs.
Les dossiers qui comptent le plus pour notre clientèle sont les quatre suivants.
Texas, octobre 2025 : deux juges fédéraux accordent l’habeas
Le 7 octobre 2025, la juge fédérale principale Lee H. Rosenthal a accordé la requête d’habeas de Victor Buenrostro-Mendez dans Buenrostro-Mendez v. Bondi, n° H-25-3726 (S.D. Tex. 7 oct. 2025). L’opinion de la division de Houston a jugé que la section 1226(a), et non la 1225(b)(2)(A), s’appliquait à M. Buenrostro-Mendez, que la juge de l’immigration s’était trompée en lui disant qu’elle n’avait pas compétence pour fixer une caution, et que le gouvernement devait soit lui donner une audience de caution dans les quatorze jours, soit le libérer.
Le lendemain, 8 octobre 2025, le juge fédéral John A. Kazen a accordé la requête d’habeas de Jose Padron Covarrubias dans Padron Covarrubias v. Vergara, n° 5:25-CV-112 (S.D. Tex. 8 oct. 2025). L’opinion de la division de Laredo est allée plus loin sur l’analyse de la loi. Le juge Kazen a expliqué que la phrase « sollicitant l’admission » dans la section 1225(b)(2)(A) est au présent, et qu’elle ne décrit pas quelqu’un comme M. Padron Covarrubias, qui travaillait dans la construction à Tallahassee, en Floride, depuis plus de vingt ans lorsqu’ICE a fait une descente sur son lieu de travail. Il ne cherchait pas activement à entrer dans le pays. Il était déjà là.
Les deux juges ont lu la loi de la même manière que le gouvernement l’avait lue pendant les vingt-neuf années précédentes. Tous deux ont accordé la mesure demandée.
Cinquième Cour d’appel, 6 février 2026 : l’annulation
Le gouvernement a fait appel et a demandé une expédition sans précédent. La Cinquième Cour d’appel a accepté. Le 6 février 2026, dans une opinion consolidée, la Cinquième Cour d’appel a annulé les deux décisions de district. L’affaire est Buenrostro-Mendez v. Bondi, n°s 25-20496, 25-40701, slip op. (5th Cir. 6 fév. 2026). La juge Edith H. Jones a rédigé l’opinion majoritaire, accompagnée du juge Stuart Kyle Duncan. La juge Dana M. Douglas a exprimé une dissidence.
La majorité a jugé qu’un « demandeur d’admission » selon la section 1225(a)(1) est, par effet de la loi, également « sollicitant l’admission » selon la section 1225(b)(2)(A), peu importe depuis combien de temps la personne est dans le pays et peu importe si elle entreprend une démarche actuelle vers une entrée légale. La cour a tracé une analogie avec un candidat à l’université dont la demande est en cours d’examen. Selon cette lecture, toute personne entrée sans inspection, à n’importe quel moment, est soumise à la détention obligatoire sans caution.
La juge Douglas a exprimé une dissidence vigoureuse. Elle a écrit que la lecture du gouvernement signifie que « aux fins de la détention en matière d’immigration, la frontière est désormais partout. » Elle a énuméré les outils d’interprétation des lois qui, à son avis, pointaient tous dans l’autre direction. Elle a noté que le Congrès qui a adopté la loi en 1996 serait surpris d’apprendre qu’il avait silencieusement exigé la détention sans caution de deux millions de personnes. Elle a noté que la Cour suprême avait déjà décrit la section 1225 comme couvrant les personnes « sollicitant l’admission » et la section 1226 comme couvrant les personnes « déjà dans le pays ». Elle a accusé la majorité de « filtrer le moucheron » et « d’avaler le chameau ».
Le 9 avril 2026, la Cinquième Cour d’appel a refusé le réexamen en banc. Aucun juge en service actif n’a demandé de vote. La fenêtre pour demander un certiorari à la Cour suprême est désormais ouverte.
Huitième Cour d’appel, mars 2026 : une seconde décision défavorable
Le 25 mars 2026, un panel divisé de la Huitième Cour d’appel a suivi la Cinquième dans Avila v. Bondi (8th Cir. 2026). La majorité a adopté pour l’essentiel la même analyse que Buenrostro-Mendez. Le juge Erickson a exprimé une dissidence. Comme l’arrêt de la Cinquième, Avila ratifie la détention obligatoire sans caution pour les personnes entrées sans inspection se trouvant dans la Huitième Cour d’appel, qui couvre l’Arkansas, l’Iowa, le Minnesota, le Missouri, le Nebraska, le Dakota du Nord et le Dakota du Sud.
Deuxième Cour d’appel, 28 avril 2026 : la réponse
Le 28 avril 2026, la Deuxième Cour d’appel a répondu. Dans Cunha v. Freden, n° 25-3141-pr (2d Cir. 28 avr. 2026), le juge Joseph F. Bianco a écrit pour un panel unanime composé de la juge Alison J. Nathan et du juge Jose A. Cabranes, qui a concouru séparément. La cour a confirmé l’octroi de l’habeas à M. Barbosa da Cunha par le tribunal de district et a jugé que la section 1226(a), et non la 1225(b)(2)(A), régit la détention des personnes présentes aux États-Unis après une entrée sans inspection et qui n’ont pas été appréhendées à la frontière ou près de celle-ci au moment de leur entrée. La cour a tracé cette ligne avec soin. La section 1225(b)(2)(A) couvre toujours les personnes qui se présentent à un point d’entrée et celles qui franchissent la frontière mais sont interpellées à ce que la Cour suprême a appelé le seuil de l’entrée initiale. Si votre proche a été arrêté pendant la traversée, ou peu après, Cunha ne s’applique pas à son dossier.
L’opinion fait soixante et une pages d’analyse textuelle, structurelle, historique et constitutionnelle. C’est, franchement, le rejet le plus complet de la position du gouvernement qu’aucune cour d’appel n’ait émis. Quelques points centraux :
- La phrase « sollicitant l’admission » est au présent et signifie demander actuellement une entrée légale dans le pays. Elle ne décrit pas quelqu’un qui est entré sans inspection il y a vingt ans et qui vit et travaille ici aujourd’hui.
- Lire les deux lois à la manière du gouvernement rendrait largement superflues de nombreuses parties de la section 1226, y compris la récente loi Laken Riley. Le Congrès n’adopte pas des lois pour ne rien faire.
- La Cour suprême elle-même, dans Jennings v. Rodriguez, 583 U.S. 281 (2018), a décrit la section 1225(b) comme couvrant les « étrangers sollicitant l’admission » et la section 1226 comme couvrant les « étrangers déjà dans le pays ». Ce passage est un dictum, et les cours se sont divisées sur ce qu’il faut en faire. La Deuxième Cour d’appel a jugé que les tribunaux inférieurs doivent une grande déférence aux dicta de la Cour suprême en l’absence d’un changement du paysage juridique, et n’a constaté aucun changement de ce type. La Dixième Cour d’appel a dit à peu près la même chose. La Huitième Cour d’appel a pris le chemin inverse et a jugé que les dicta de la Cour suprême ne sont pas contraignants.
- Cinq administrations présidentielles et vingt-neuf ans de pratique constante de l’agence vont à l’encontre de l’idée que le Congrès en 1996 ait silencieusement délégué le pouvoir de détenir des millions de personnes sans caution. Le Congrès, comme l’a dit la Cour suprême, ne « cache pas des éléphants dans des trous de souris ».
- Même si la loi était ambiguë, le canon de l’évitement constitutionnel exigerait de rejeter la lecture du gouvernement, car la détention obligatoire sans audience de caution pour des personnes sans antécédents criminels et sans risque de fuite soulève de graves problèmes de procédure équitable au titre du Cinquième Amendement. Deux réserves s’imposent. Zadvydas v. Davis, 533 U.S. 678, 690 (2001), interprète une autre loi, la détention après ordonnance d’expulsion prévue à 8 U.S.C. section 1231(a)(6), et à 533 U.S. 682 la Cour a expressément réservé la question pour les personnes qui n’ont pas encore obtenu une admission initiale, c’est-à-dire précisément les personnes dont parle ce texte. Velasco Lopez v. Decker, 978 F.3d 842, 850, 855 (2d Cir. 2020), est une affaire de détention prolongée sous la section 1226(a) et de charge de la preuve, et elle précise à la page 848 que la constitutionnalité de la détention au titre de la section 1226(a) n’était pas elle-même en cause. L’arrêt de la Cour suprême qui correspond directement à cette situation est Demore v. Kim, 538 U.S. 510, 527 (2003), que la Deuxième Cour d’appel a également examiné.
La Deuxième Cour d’appel couvre New York, le Connecticut et le Vermont. Pour nos clients dans ces trois États, Cunha est un précédent contraignant sur un point précis. Un tribunal fédéral de district relevant de la Deuxième Cour d’appel doit appliquer la section 1226(a), et non la 1225(b)(2)(A), à une personne dans la situation de M. Barbosa da Cunha. Ce n’est pas une ordonnance de libération. Cunha a confirmé une ordonnance lui accordant une audience de caution ou la libération, et un juge de l’immigration a ensuite fixé la caution. Savoir si une personne donnée se trouve dans la même situation, et si la section 1226(c) écarte la caution, se plaide dossier par dossier.
Septième, Première et Neuvième Cours d’appel : les réponses sont arrivées
En décembre 2025, dans Castañon-Nava v. U.S. Department of Homeland Security, la Septième Cour d’appel a rendu une décision sur une requête de suspension qui a jugé l’expansion gouvernementale de la section 1225 probablement illégale. La Septième Cour d’appel a depuis tranché sur le fond. Dans Cirrus Rojas v. Olson, 183 F.4th 909 (7th Cir. 30 juill. 2026), elle a jugé qu’une personne entrée sans inspection ne sollicite pas l’admission et n’est donc pas visée par la section 1225(b)(2)(A), et elle s’est rangée à ce qu’elle a décrit comme la majorité des cours d’appel ayant tranché la question.
La Première Cour d’appel a tranché Guerrero Orellana v. Moniz le 13 août 2026. Elle a jugé qu’une personne déjà entrée illégalement dans le pays ne sollicite pas l’admission, et que sa détention et son admissibilité à une libération, comme celles des autres membres du groupe, relèvent de la section 1226(a). Elle a confirmé l’ordonnance du tribunal de district exigeant du gouvernement qu’il le libère ou lui accorde une audience de caution.
Dans la Neuvième Cour d’appel, la question a été plaidée comme une action collective. Dans Maldonado Bautista v. Santacruz, n° 5:25-cv-01873 (C.D. Cal.), le District central de Californie a rendu le 18 décembre 2025 un jugement déclaratoire à l’échelle de la classe en faveur des détenus et a annulé la directive intérimaire du 8 juillet 2025 au titre de la loi sur la procédure administrative. Le gouvernement a fait appel, et en appel l’affaire est intitulée Bautista v. U.S. Department of Homeland Security, n° 25-7958 et 26-1044 (9th Cir.). La Neuvième Cour d’appel a depuis répondu à la question dans une autre action collective venue de l’État de Washington. Dans Rodriguez Vazquez v. Bostock, 183 F.4th 1160 (9th Cir. 30 juill. 2026), elle a confirmé un jugement de classe et a jugé que les personnes présentes sans admission qui sont arrêtées à l’intérieur du pays ne sont pas soumises à la détention obligatoire au titre de la section 1225(b)(2)(A). La Neuvième couvre la Californie, l’Arizona, le Nevada, l’Oregon, Washington, l’Alaska, Hawaï, l’Idaho, le Montana, Guam et les Mariannes du Nord. En septembre 2026, c’est la règle qui s’applique dans ces juridictions.
Là où cela se dirige : la Cour suprême
Une division entre cours d’appel aussi nette, sur une question aussi importante, est le genre d’affaire que la Cour suprême accepte. En septembre 2026, la division est de neuf cours d’appel contre deux : deux cours sont du côté du gouvernement, la Cinquième, dans Buenrostro-Mendez v. Bondi, 166 F.4th 494 (6 févr. 2026), et la Huitième, dans Avila v. Bondi, 170 F.4th 1128 (25 mars 2026) ; neuf cours sont du côté des détenus, à savoir la Deuxième, dans Cunha v. Freden (28 avr. 2026), la Onzième, dans Hernandez Alvarez v. Warden, Federal Detention Center Miami (6 mai 2026), la Sixième, dans Lopez-Campos v. Raycraft (11 mai 2026), la Dixième, dans Santillan Quiroz v. Mullin (30 juin 2026), la Septième, dans Cirrus Rojas v. Olson (30 juill. 2026), la Neuvième, dans Rodriguez Vazquez v. Bostock (30 juill. 2026), la Première, dans Guerrero Orellana v. Moniz (13 août 2026), la Troisième, dans Buele Morocho v. Warden Philadelphia FDC (28 août 2026), et la Quatrième, dans Lopez Garcia v. Guadian (10 sept. 2026). La Cour suprême n’a pas tranché la question. Ces dates sont l’essentiel. Ce paragraphe est exact en septembre 2026, et une cour d’appel peut changer. Le refus du réexamen en banc par la Cinquième en avril 2026 a dégagé la voie procédurale pour une demande de certiorari. Le gouvernement aura aussi des raisons propres de demander un certiorari si une autre cour statue contre lui.
Jusqu’à ce que la Cour suprême parle, le droit de la détention aux États-Unis est, pour beaucoup de gens, une question de géographie. C’est la seconde moitié de ce billet.
Deuxième partie : pourquoi le lieu peut décider de votre dossier, et le Plan Habeas de Bardavid Law
ICE contrôle l’autobus
Une requête fédérale d’habeas corpus en vertu de 28 U.S.C. section 2241 doit être déposée dans le district fédéral où la personne est détenue. La Cour suprême l’a établi dans Rumsfeld v. Padilla, 542 U.S. 426, 442-43, 447 (2004). La Cour l’appelle la règle du district de détention. Sa règle jumelle, celle du gardien immédiat, concerne la personne à désigner comme partie défenderesse, à savoir le directeur de l’établissement où la personne est détenue, et non le procureur général. Si votre proche est détenu dans une installation à Buffalo, dans l’État de New York, la requête est déposée dans le District ouest de New York, qui se trouve dans la Deuxième Cour d’appel. S’il est détenu à Jena, en Louisiane, ou à Pearsall, au Texas, la requête est déposée dans ces districts fédéraux, qui se trouvent dans la Cinquième Cour d’appel.
Cela fait d’ICE, en pratique, le gardien des clés du palais de justice. ICE choisit l’installation. ICE choisit quand transférer. ICE n’a pas besoin de la permission d’un juge. Aucune loi n’oblige ICE à prévenir la famille ou l’avocat à l’avance d’un transfert. Aucune loi n’oblige l’installation à attendre. Un autobus peut partir à trois heures du matin. Un vol peut partir à six heures.
Lorsqu’un transfert se fait d’une installation de la Deuxième Cour d’appel vers une de la Cinquième, l’univers juridique change. Dans la Deuxième, après Cunha, cette personne est détenue au titre de la section 1226(a) et peut demander une caution à un juge de l’immigration, sauf si la section 1226(c) s’applique. Dans la Cinquième, après Buenrostro-Mendez, la même personne est soumise à la détention obligatoire et ne peut rien demander. Le même être humain. La même loi. Résultat différent, parce que l’autobus a franchi une ligne de circuit.
Ce n’est pas théorique
Nous l’avons vu. D’autres praticiens l’ont signalé. Des organisations de défense des droits civiques le suivent. Des détenus sont déplacés de New York, du New Jersey, du Massachusetts et de Californie vers la Louisiane, le Mississippi et le Texas, parfois quelques heures après l’arrestation, parfois quelques jours après une décision défavorable ailleurs. Le schéma est suffisamment constant pour que tout praticien qui vous dit que le transfert n’est pas un risque réel en 2026 ne soit pas attentif.
Sans ordonnance judiciaire bloquant le transfert, le pouvoir discrétionnaire d’ICE est essentiellement irrévocable sur le moment. Le temps qu’une requête d’habeas soit déposée dans, disons, le District sud de New York, si le requérant a déjà été déplacé en Louisiane, le District sud de New York peut ne plus avoir compétence. L’avocat doit recommencer dans le District ouest de Louisiane, où la loi est désormais Buenrostro-Mendez.
C’est cette course dont nous parlons. C’est une vraie course. Elle peut être gagnée. Elle ne se gagne pas en réagissant. Elle ne se gagne qu’en se préparant.
Une assurance contre la détention : l’analogie de l’assurance vie
Pensez à pourquoi les gens souscrivent une assurance vie. Pas parce qu’ils s’attendent à mourir demain. Ils la souscrivent parce que le coût d’une erreur, le fait de laisser une famille sans protection, est inacceptable. Ils la souscrivent quand ils sont en bonne santé, parce que c’est le seul moment où elle est disponible à un prix raisonnable et avec des conditions qui paieront vraiment.
Une requête d’habeas préparée à l’avance est une assurance contre la détention. C’est quelque chose que l’on fait pendant que le proche est encore à la maison. Pendant qu’il va encore au travail. Pendant qu’il dort encore dans son propre lit. Nous nous asseyons avec la famille. Nous rassemblons les documents. Nous rédigeons la requête. Nous la tenons prête, signée et révisable, le jour où l’on en aura besoin. Si le jour ne vient jamais, le dossier reste dans un tiroir et rien n’est perdu. Si le jour vient, la requête peut être déposée quelques heures après l’arrestation. Pas des jours. Pas des semaines. Des heures.
C’est la différence entre une requête d’habeas et un dépôt d’habeas. N’importe qui peut déposer une requête d’habeas une fois qu’il a un avocat, une admission, des pièces, une déclaration, une compétence et un matin tranquille. La question est : à quelle vitesse. Le Plan de Bardavid Law est construit autour d’une seule réponse : plus vite qu’ICE ne peut faire partir l’autobus.
Le Plan Habeas de Bardavid Law
Nous utilisons ce protocole avec deux types de clients. Le premier, c’est toute personne déjà détenue, où chaque minute compte. Le second, et c’est le plus important pour ce billet, c’est toute personne courant un risque sérieux d’être détenue : une personne avec des ordonnances de renvoi anciennes, une personne ciblée sur les réseaux sociaux ou dans la presse, une personne avec une audience de calendrier maître à venir, une personne vue par ICE lors d’un check-in, une personne qui vit ou travaille dans une communauté où ICE fait des descentes, une personne dont l’employeur est dans la construction ou les services, qui sont des cibles de descentes, une personne dont le nom apparaît dans une base de données que la nouvelle administration consulte. Si vous ne savez pas si vous êtes dans ce groupe, supposez que oui.
Voici ce que nous faisons. Les étapes numérotées sont simplifiées. Le dossier réel que nous bâtissons est plus détaillé.
Étape 1 : Identifier le profil de risque
Nous nous asseyons avec le client et nous posons les questions qui comptent. Quand êtes-vous entré dans le pays, et comment ? Avez-vous une ordonnance de renvoi définitive d’il y a des années ? Êtes-vous déjà allé en cour d’immigration ? Avez-vous déjà été arrêté ? Avez-vous des demandes en cours auprès d’USCIS ? Avez-vous un check-in chez ICE ? Où ont lieu vos audiences ? Qui est votre juge de l’immigration ? Quelle est votre adresse, et est-elle la même que celle qu’ICE a au dossier ? Nous évaluons le risque. Nous disons la vérité dessus.
Étape 2 : Rédiger la requête d’habeas à l’avance
Avant que quoi que ce soit n’arrive, nous rédigeons la requête. Le récit factuel est construit à partir de la déclaration du client, préparée pendant qu’il est calme, sobre et libre, et non quand il est effrayé et au téléphone depuis un centre de détention. L’argument juridique est construit autour de Cunha pour les clients de la Deuxième Cour d’appel, autour de l’autorité la plus favorable disponible pour les clients d’autres circuits, et autour de la procédure équitable dans tous les circuits. Nous choisissons avec soin les arrêts de procédure équitable que nous mettons en avant. Zadvydas v. Davis interprète la loi distincte sur la détention après ordonnance d’expulsion et a expressément réservé la question pour les personnes qui n’ont pas encore obtenu une admission initiale, de sorte que Demore v. Kim et la jurisprudence des cours d’appel sont ce contre quoi un client plaide réellement. La requête est révisée, éditée et sauvegardée. Les pièces sont organisées. La déclaration est signée.
Étape 3 : Préparer les pièces et l’identification
Nous recueillons des originaux ou des copies certifiées des documents qui montrent les liens du client avec les États-Unis et avec cette juridiction en particulier. Déclarations fiscales. Bail ou acte. Actes de naissance des enfants. Acte de mariage. Dossiers scolaires. Lettre d’emploi. Lettre du pasteur. Preuves des conditions du pays si l’asile est en jeu. Dossiers médicaux. Nous faisons une copie numérique et une copie physique. Nous mettons les copies physiques dans un dossier étiqueté, dans un endroit sûr accessible à la famille sans le client.
Étape 4 : Construire l’arbre de contacts familiaux
Le client signe un formulaire G-28 dans notre bureau qui autorise Bardavid Law à le représenter dans toute future procédure d’immigration. Le client signe une procuration au profit de son conjoint ou d’un membre de la famille de confiance. Le client nous donne une liste de trois contacts d’urgence avec numéros de téléphone et adresses courriel. Chaque contact reçoit une enveloppe scellée contenant des instructions simples et claires. Étape un : appelez-nous. Étape deux : ne laissez pas entrer ICE sans mandat signé par un juge. Étape trois : ne signez rien. Étape quatre : notez tout.
Étape 5 : Le protocole « si je ne te texte pas avant »
Tout jour où le client se rend dans un bâtiment fédéral, un palais de justice, un check-in d’ICE ou un entretien d’USCIS, le client accepte de texter un membre de la famille désigné, à une heure désignée, en sortant du bâtiment. Si ce texte n’arrive pas, le membre de la famille nous appelle immédiatement. Nous n’attendons pas la fin de la journée de travail. Nous n’attendons pas une confirmation d’ICE. Nous bougeons quand le texte n’arrive pas. Le temps qu’ICE finisse ses formalités, notre requête est en route vers le greffier fédéral.
Étape 6 : Utiliser Webex ou la comparution vidéo quand c’est possible
Certains juges de l’immigration, dans certaines cours, autorisent un défendeur représenté à comparaître par Webex. Là où c’est possible et approprié, nous le demanderons, parce que cela élimine totalement le risque d’arrestation au palais de justice. Beaucoup de juges ne l’autorisent pas. Là où la réponse est non, nous allons en cour et utilisons l’Étape 5. Dans les deux cas, nous sommes prêts pour les deux issues.
Étape 7 : En cas de détention, déposer immédiatement dans le district de détention
La requête rédigée à l’Étape 2 est désormais mise à jour, signée et déposée dans le district fédéral où le client est retenu. Nous joignons la déclaration. Nous joignons les pièces. En même temps, nous déposons une requête en ordonnance de restriction temporaire contre le transfert, demandant à la cour d’ordonner à ICE de ne pas déplacer le client hors du district pendant que l’habeas est en cours. Cette ordonnance de restriction est le deuxième document le plus important du dossier, après la requête elle-même, parce que c’est elle qui empêche l’autobus d’ICE de quitter le parking. Des juges fédéraux dans la Deuxième Cour d’appel ont accordé ces ordonnances en quelques heures.
Étape 8 : Faire courir l’horloge
L’habeas fédéral peut bouger en quelques heures. Nous avons déposé des requêtes, obtenu des ordonnances de motivation et des ordonnances de restriction temporaire contre le transfert en moins de vingt-quatre heures. La raison pour laquelle c’est possible n’est pas que l’avocat soit héroïque. La raison, c’est que l’avocat ne part pas de zéro. La requête était déjà écrite. Les pièces étaient déjà organisées. Le courriel des chambres du juge attribué était déjà dans notre carnet. La vitesse, c’est la préparation rendue visible.
Et les clients déjà dans la Cinquième ou la Huitième Cour d’appel ?
Nous ne prétendons pas que la loi est ce que nous voudrions qu’elle soit. Buenrostro-Mendez est contraignant dans la Cinquième et Avila l’est dans la Huitième. Pour les clients déjà détenus dans ces juridictions, la stratégie change. Nous continuons à déposer des requêtes, parce que la dissidence dans Buenrostro-Mendez est désormais une carte routière vers la Cour suprême, et que les arguments de procédure équitable restent vivants même là où les arguments statutaires sont fermés. Nous ne les surestimons pas. Zadvydas v. Davis est une affaire de détention après ordonnance d’expulsion qui a réservé cette question, et Demore v. Kim et Jennings v. Rodriguez sont ce que le gouvernement citera en retour. Nous demandons la mise en liberté conditionnelle. Nous cherchons la discrétion procédurale là où elle est encore disponible. Nous déposons des requêtes pour mettre fin aux procédures là où l’acte d’accusation sous-jacent est défectueux. Nous demandons une libération humanitaire. Nous n’abandonnons pas parce que la Cinquième a dit oui au gouvernement. Nous traitons la Cinquième comme un problème temporaire, parce que c’est ce que les divisions de circuit, avec le temps, finissent par devenir.
Et pour les clients de la Cinquième ou de la Huitième Cour d’appel qui ne sont pas encore détenus, le même Plan s’applique, avec encore plus d’urgence. Préparer l’habeas avant le jour. Préparer l’argument constitutionnel avant le jour. Être prêts à demander un transfert vers une juridiction plus favorable lorsque ce sera légal, et prêts à se battre pour rester là où l’on est lorsque c’est la meilleure option. Le Plan n’est pas géographiquement défensif. Il est géographiquement conscient.
Vous ne devriez pas avoir à penser à cela
Vous ne devriez pas avoir à apprendre la différence entre la section 1225 et la section 1226. Vous ne devriez pas avoir à mémoriser les frontières de circuits. Vous ne devriez pas avoir à rester éveillé à trois heures du matin en vous demandant si ce soir est le soir où l’autobus part. Vous avez déjà assez porté.
Nous faisons ce travail pour que vous n’ayez pas à le faire. Cela fait vingt ans que nous pratiquons l’habeas fédéral et les appels fédéraux. Nous avons un Plan parce que nous l’avons mis en œuvre sous pression, plus d’une fois, sur plus d’un client, et que nous avons vu ce qui fonctionne. Que vous soyez détenu en ce moment et que vous lisiez ceci sur un téléphone emprunté, ou que vous soyez chez vous et silencieusement effrayé qu’un jour vous ne le soyez plus, la conversation est la même conversation, et le dossier que nous bâtissons est le même dossier. La seule différence, c’est combien de temps nous avons.
Si vous ou un membre de votre famille êtes détenu, ou si vous pensez que la détention est une possibilité réelle, contactez Bardavid Law. La première conversation sert à comprendre le risque et le plan. Nous n’avons pas besoin d’une crise pour commencer. Nous préférons commencer avant qu’il y en ait une.
Ecrit par
Joshua Bardavid
I am the principal attorney with years of experience in immigration practice. I have successfully litigated hundreds of immigration cases and have been lead counsel in several precedent-setting appeals. Prior to working as an immigration attorney, I worked as a consultant to the United Nations High Commissioner for Refugees. I was editor-in-chief of New York International Law Review and graduated cum laude from St. John's University School of Law. I have lived in Washington D.C., West Africa, and the Middle East. I currently live in New York City. In my spare time, I enjoy travel and adventure, play soccer, and suffer as a Mets fan. I am a member of the American Immigration Lawyers Association (AILA).